mardi 2 septembre 2008

Vive / à bas la rentrée…

…j’ai pas encore décidé.
Nan paske ça fait des semaines (quasi depuis le début des vacances, en fait) que j’en rêvais, que je m’y voyais, que j’attendais avec impatience que la maîtresse revienne de ses GRANDES vacances. Je me voyais déjà regarder 8 épisodes de Grey’s Anatomy d’affilée sans être dérangée par une pause torchage de derrière ou préparage de repas mouliné équilibré, repeindre toute la cage d’escalier mit 3 couches sur les murs et le plafond ET deux couches de laque sur les boiseries, sortir-trier-plier-classer par couleur et forme tout le contenu de mon dressing, me faire enfin un bronzage digne d’une fon d’été, aller voir en vrai les nouveautés du catalogue Hic et Ha… tout ça le premier jour, évidemment, à la seconde même ù la maîtresse aurait pris livraison de Kiwi et où la nounou aurait embarqué Minky et avec la complicité du Blini qui aurait été super endormi et pas affamé du tout de toute la journée.
Sauf que dans la vraie vie ça se passe jamais comme on l’espérait…
Déjà il est plus de midi et j’ai rien fait du tout ni d’utile ni de futile, je me demande d’ailleurs où est passée ma matinée paske j’ai l’impression que je me suis levée ya environ trente secondes et que je suis déjà épuisée au point qu’il me faudra certainement tout l’aprèm pour me remettre et donc je sens déjà que la journée complète vient de foutre le camp comme si de rien n’était !
Forcément, je suis crevée, tu m’étonnes, les gens !
Déjà c’est un miracle qu’on soit arrivés à l’école à l’heure, vu que hier pour la répétition générale de la rentrée (à savoir la rentrée de Minky seulement chez la nounou avec moi toute seule au guidon pour la mise en condition et les transport des 3 mouflets jusqu’à chez elle) on a dû franchir son portail électrifié parfait et fouler son allée de gravier triés par taille et par couleur parfaite à environ 10 heures moins le quart alors qu’on était attendus à 9 heures tapantes…
Donc aujourd’hui on s’était dit qu’on allait pas prendre de risques et mettre toutes les chances de notre côté pour assurer l’avenir du Kiwi en Moyenne Section et se mettre dans les chtis papiers de la nouvelles maîtresse ET pas passer pour une grosse gourdasse devant les autres mères en pleine compète’ de beauté-efficacité devant le portail de l’école comme l’an dernier (rappelez-vous, ça s’était passé comme ça CLICK). Donc déjà Chouchou a eu la bonne idée de checker sa convention collective et de se rendre compte que son généreux patron lui offrait gracieusement une demi-journée de congé pour conduire sa progéniture à l’école himself pour leur premier jour. Cool, une autre paire de bras. Sauf que pas. C’est pas que le Chouchou a pas de bras, c’est plutôt qu’on n’a pas la même conception de l façon dont ils peuvent être utiles en pleine panique de rentrée scolaire. Le Chouchou veut bien faire, pourtant, il met le réveil, sort du lit, se rase, enfile son déguisement de mec sérieux qui fait un boulot sérieux avec des lunettes sérieuses, et va même extirper du lit les deux tiers des mouflets qui ont encore l’oreiller collé à la bave sur la joue. Sauf que après le Chouchou me met le stress à me demander toutes les trois secondes si j’ai bien mis les deux photos d’identité dans le sac d’école, si elles étaient bien 3,5 par 4,5 cm les photos paske c’était bien précisé ça sur la liste, si j’ai bien écrit le prénom de l’enfant sur son godet en plastique au marqueur indélébile paske sinon faut lui faire une étiquette à la Dimo et il sait pas où elle est, si j’ai retrouvé les tickets de cantine paske il sait pas où y sont non plus, si le classeur a bien un levier et un dos de 11cm paske c’était vraiment très très clair sur la liste… moi bien sûr j’ai préparé le sac la veille (et encore je me suis retenue de pas le faire avant juste pour m’aider à survivre aux derniers jours de vacances où les mouflets étaient surexcités et moi surmenée) et bien sûr j’ai vérifié 10 fois le contenu, juste pour être sûre qu’on va pas me refuser le nain au contrôle technique et m’obliger à le ramener à la maison pour anéantir tous mes rêves de liberté ! Sauf que là le Chouchou avec sa liste et son crayon rouge pour cocher chaque ustensile qui devrait être présent dans le sac finit par me faire douter. 10 minutes de perdues à tout sortir, tout vérifier, tout ranger à nouveau dedans en essayant de faire tenir 23 articles dont un classeur king size dans le plus petit sac à dos de la Terre (qui est encore quasi deux fois plus grand que le dos de son propriétaire, donc 10 autres minutes de perdues à sangloter un peu sur le fait qu’il est si petit pour aller à la cantine+garderie=mère indigne et si grand à la fois paske la vache c’est déjà sa deuxième année comme le temps passe). 10 autres minutes de perdues à s’engueuler avec Chouchou qui me trouve tellllllement débile de chialer comme une madeleine pour des raisons aussi stupide et enfin encore 10 minutes passées à le forcer à avouer que quand même il est cro mignon avec son sac à dos de petit écolier et que ce serait pas mal de faire une chtite photo pour immortaliser sa deuxième rentrée de sa vie et que ah tiens si on collait ses deux frères avec lui sur le canapé blanc-cassé en essayant de les faire sourire tous en même temps sans vomir ou faire caca sur la housse crème…
Et encore tout ça c’est que le temps perdu AVANT le départ à cause de Chouchou, paske une fois sur place ça s’arrange pas non plus ! Le Chouchou est timide, le Chouchou n’aime pas la foule, surtout la foule des gens qu’il ne connaît pas (je me retiens fort-fort de pas dire que si il se tapait la corvée de convoi scolaire plus souvent il connaîtrait peut-être quelques personnes dans la horde de parents parfaits alignés devant le portail), donc le Chouchou reste à l’extérieur de la grille pendant que le Kiwi va faire sa rentrée. Sauf que le Kiwi lui voudrait bien montrer sa classe à son Daddy-chéri-que-je-t’aime et lui faire voir le micro lavabo où il boit, le mini-toilette où il fait pipi, le riquiqui crochet où il suspend son manteau, la minuscule table où il pose son tout petit derrière et tout et tout… alors on perd encore 10 minutes à relever le Kiwi qui se roule parterre dans son interprétation la plus grandiose de l’Enfant Le Plus Malheureux Du Monde qu’il maîtrise à la perfection dans les grandes occasions et quand le public est assez conséquent.
Et quand enfin le Kiwi a été largué dans sa classe (que c’était finalement pas la peine de la montrer à qui que ce soit vu que c’est la même que l’an dernier, la même maîtresse et les mêmes copains, donc en fait il aurait presque pu s’y amener tout seul à sa rentrée pourrave !) on sort pour trouver la nounou qui doit prendre livraison du Minky qui a pas du tout envie de partir avec elle, le Chouchou devient tout à coup un papa-poule attendri et décide qu’on accompagne le Minky jusque chez la nounou, à pied, alors que le mouflet marche déjà à 2 à l’heure, forcément, avec ses jambes micronésiques !, et que en plus comme y veut pas y aller ça prend encore plus de temps. ENCORE 15 minutes de perdues sur ma journée de rêves de liberté. Et la cerise sur le gâteau v’là-t’y pas que le Chouchou asocial décide de faire ami-ami avec le chéri de la nounou que je suis obligée de poireauter encore 15 minutes avant de pouvoir rentrer paske ces messieurs sont en train de tailler le bout de gras comme deux vieux potes de régiment.
En conclusion sur l’affaire Chouchou-prend-une-demi-journée-pour-aider, désolée mais je pense que même pas douée comme je suis on aurait réussi un temps plus proche du record du monde de la rentrée sans lui dans l’équipe.
Et pourtant quand je dis pas douée, autant dans ma vie de professionnelle de ma profession je suis championne olympique de l’organisation, autant dans la vie quotidienne de myself et mes mouflets ya comme un truc qui bugue. Pas entièrement de ma faute, en fait, à moins qu’on considère comme certaines personnes ont déjà eu les couilles de me le dire que « t’as voulu des gosses, t’as qu’à les assumer »…
Nan paske j’ai beau y mettre du mien ya un moment où je peux juste pas lutter.
Il faut savoir, déjà, que je suis l’heureuse génitrice d’un mouflet qui pourrait être sur la couverture du Guinness Book tellement il est le meilleur de l’univers pour la lenteur de mise en route. Ah ça, ils lui ont oublié le turbo qui fait pulser le diesel, à lui, ya pas photo. Le Kiwi déjà faut le prendre avec des pincettes quand il a pas eu ses 12 heures de sommeil, et autant dire qu’avec l’excitation paroxystique qui caractérise les veilles de rentrée scolaire, il a pas dû dormir de masses. Donc déjà, on partait pas gagnants. Mais faut dire qu’en plus il a une capacité à manger telllllement lentement que je me demande bien comment c’est possible que ses céréales soient pas fossilisées au fond de son bol avant qu’il ait eu la chance d’en enfourner deux bouchées. Nan sans rire c’est juste une prouesse en soi d’arriver à dépasser haut la main les 45 minutes pour même pas finir une demi-poignée de Miel Pops même pas immergés dans deux cuillères à soupe de lait. Comment on peut bouffer aussi peu et mettre aussi longtemps c’est le truc que je m’expliquerait jamais, paske en plus ce matin c’était la fête du slip n y avait pas obligé à mélanger ses crispies ultra-sucrées avec du porridge pour équilibrer l’apport glucidique… il avait son ptit dej’ préféré dans son bol favori avec sa cuillère adorée, assis sur la chaise qu’il avait choisi et pourtant rien à faire, 45 minutes plus tard ya fallu qu’on décolle et il avait même pas avalé la moitié…
Mais bon ce matin je pouvais, je voulais y arriver, je le sentais, je le savais, j’avais tout préparé dans ma tête, révisé, entraînée, je pouvais être à l’heure à l’école pour la première fois de ma courte vie de « maman de ».
Le sac était fait d’avance, les fringues étaient prêtes en petits tas d’appartenance pour chaque mouflet, et j’étais complètement préparée à prendre des risques importants au regard de la DDASS et à empiler dans la poussette un Blini couvert de vomi, un Minky à la couche pleine et à obliger à courir un Kiwi au ventre vide. Tfassons c’était sûre que comme à chaque fois qu’on est pressés le Blini allait gerber tout son lait et compromettre la salubrité de son body, voire éventuellement de mes fringues à moi, donc j’avais anticipé le coup en restant en pyjama jusqu’à ce qu’il soit dans sa boîte de transport quasi hermétiquement fermée. C’était joué d’avance que le Minky allait attendre d’être levé-habillé-biberonné-sanglé dans la poussette pour pondre une bombe atomique avec toutes les options odeur+débordement+liquide pas catholique qui dégouline le long de la jambe. Et c’était évident que le Kiwi allait pas se faire une entorse à l’estomac en mangeant ses céréales à une vitesse suffisante pour qu’on se rende compte qu’il est en mouvement. Donc m’en fous, on serait arrivés à l’heure, même beuglants de faim, puant d’excréments et gluants de vomi.
Et on était bien bruyants/nauséabonds/visqueux comme prévu. Et malgré tous les efforts de Chouchou pour saboter ma résolution inébranlable, on y est arrivés, même on était en avance d’au moins 10 minutes que le portail était encore bouclé quand on a déboulé tout auréolés de victoire et de joie.
Mm mouais, ben demain je vais me détendre tout de suite et on sera moins à l’heure mais j’aurais pas besoin de sacrifier ma journée à me remettre de mes émotions et je pourrais peut-être enfin profiter de ma liberté toute neuve, toute belle, toute merveilleuse…
Ah, nan, doigt, demain c’est mercredi, ya pas école, c’est déjà fini la belle vie !

lundi 1 septembre 2008

Caca gate...

Attention : je conseille vivement aux gens qui n’ont pas encore d’enfants mais qui aimeraient bien en pondre un jour de plutôt aller lire un article pa-assionnant du magazine Parents sur « comment assurer l’avenir affectif de son enfant dès la naissance » ou niaiserie équivalente, pask’il se pourrait bien que la confrontation avec la dure réalité du « travail de parents » qui va suivre vous coupe toute envie de procréer… à bon entendeur etc.

Maintenant qu’on est entre nous, chers « collègues » parents, on va enfin pouvoir débattre du seul sujet qui nous intéresse vraiment, c’est bien connu, nos mouflets… et leur caca !
Vous avez remarqué comme, avant d’être les heureux chefs d’une meute de mouflets (même quand on en a qu’un(s) seul(e), avec la quantité de déchets qu’ils produisent, ça donne toujours l’impression d’en avoir tout un tas) on se tordait le nez d’effroi et d’indignation à la seule évocation d’une Pampers bien garnie ? et quant à l’idée de s’en approcher à une distance suffisante pour en soulager l’arrière-train du mouflet emballé dedans, on disait toujours que c’était au-dessus de nos forces et on était quasi-sûrs que malgré tous ce que nous disaient les déjà-parents, ça changerait pas grand-chose à la répugnance que le lardon qui avait pondu les immondices ait été auparavant pondu par nous-mêmes ? Et vous voyez comme maintenant on peut pas s’empêcher, pour peu qu’on nous laisse dans un espace clos suffisamment longtemps avec d’autres individus de la même espèce ayant procréer, de discuter avec ferveur le sujet du caca à grand renfort d’évocations non imagées et de comparaisons détaillées de poids/taille/forme/texture/odeur/fréquence de la production de notre descendance ?
J’étais moi-même pas la dernière à jurer que jamais-au-grand-jamais on ne m’y prendrait, et me v’là, 3 mouflets plus tard, à vous saouler jusque sur mon blog avec mes histoires de caca ! Ah, ya pas, la parentalité est un épanouissement qui dépasse toutes nos espérances, non ?
Et le fait est que j’en espérais pas tant côté pile.
Paske, en théorie, plus j’y pense et plus je vois pas comment c’est possible qu’un truc si chou si mignon si minuscule que mon Blini (et Minky et Kiwi avant lui) puisse produire des trucs aussi ignoblement répugnants. Et surtout : comment il fait pour en produire autant ?
Nan ça vaudrait le coup de faire des études poussées histoire de voire si on pourrait pas génétiquement modifier des poules du Tiers-monde pour qu’elle pondent de telles quantités disproportionnées par rapport à leur taille, paske ça résoudrait à jamais la question de la faim dans le monde !
Alors certes j’ai toujours été une brêle en calcul mental et en géométrie dans l’espace, mais bon, à vue de nez le Blini, si tu lui laisse un poil d’espace pour ses poumons qui respirent et son cœur qui bat à l’intérieur de lui, il doit avoir quoi, un litre grand max de capacité intestinale, non ? pas de quoi fouetter un chat ou faire un sort à une Pampers barrière anti-fuite anatomique et coussinet renforcé super absorbant, si ? Ben nan ! Et pourtant si ! Pourtant t’as beau leur serrer le machin que ça leur entaille les boyaux dans l’espoir que ce sera trop étroit pour que la fuite passe et que ça leur ralentira ptêt un poil le transit, ça loupe ja-mais : le Blini est plus fort que la Peaudouce et son caca finit toujours par trouver un moyen d’échapper à la Huggies absorption ultra-fast.
Alors, je pose la question : les gens qui designent les couches, qui inventent les barrières anti-fuite, qui brevettent les coussinets super absorbants ont-ils déjà au affaire de loin ou de préférence de près à un mouflet quelconque ? Paske au bout d’un moment on peut se poser la question ! Tous leurs gadgets, là, ça rend super bien dans l’argumentaire commercial mais le fait est que dans ma vie quotidienne à moi, quasi ils se trimbaleraient le Q au vent que j’aurais pas plus de linge à faire tremper dans le décapant avant de le passer en machine. Alors je m’interroge : ne serait-il pas judicieux de repenser tout le principe de la couche-culotte et de repartir de zéro mais avec des inventeurs qui ont eu au minimum plusieurs nains et qui s’en sont déjà occupés assidûment histoire qu’ils aient une idée de la puissance et de la quantité de matière/liquide à contraindre à l’intérieur du produit ? Est-ce que tout bêtement la solution c’est pas de lancer une grande campagne mondiale de mesure précise des quantités astronomiques de caca qui s’évacuent à chaque poussée du mouflet et de construire ensuite un réceptacle suffisamment large pour contenir tout ça ?
Nan paske sans rire, peut-être que j’ai des mouflets exceptionnels, hors normes et tout, mais franchement ya pas UNE FOIS où le caca ne leur dégouline pas le long de la jambe pour finir immanquablement sur mon canapé blanc-cassé ou ma nouvelle jupe bleu pâle…ça devient agaçant, à la fin ! Avec toutes les promesses sur les paquets de couches, on s’attend à pouvoir être l’heureux propriétaire à la fois d’une harde de mouflets et d’un canapé crème, quand même. Mais il semble que ça ne soit qu’un rêve… il semble que l’activité préférée de mes mouflets soient de prouver que les fabricants de couches sont des charlatans. Il semble qu’ils ne soient jamais aussi heureux que quand ils ont la face toute rouge, le front plissé, la voix rauque et le derrière en feu à force de pousser et d’évacuer. Et en plus il semble que ça les fasse soupirer d’aise d’avoir l’arrière-train plâtré en jaune et de redécorer les genoux de leur père, les draps de leur lit et les coussins de mon canapé.
Vous me direz, ouais, ça craint, mais à la fois au moins « quand ya du caca tout va ». Et vous croirez pas si bien dire ! Pas plus tard que ce matin, je me suis réveillée dans une chambre fraîche et agréable, non polluée par une odeur insoutenable qui m’aurait forcée à m’extirper de mon dodo en urgence pour tenter de sauver le matelas du berceau en péril malgré son drap étanche. Non, pour le troisième jour d’affilée, je n’ai pas été réveillée dans la puanteur. J’aurais pu m’en réjouir, remercier le ciel et le Blini d’épargner mes narines sensibles au réveil, mais non. Non, car quand le bébé fait caca la maman se plaint, et quand il ne fait pas la maman s’inquiète. La maman envisage d’emblée l’occlusion intestinale fatale (renforcée dans son opinion par la grand-maman qui souvent y va de son « deux jours, ça va, trois jours, bonjour les dégâts »). Le papa fait culpabiliser la maman sur son régime alimentaire peu orthodoxe en période d’allaitement. Le bébé se tortille, couine un peu mais pas plus que d’habitude, et tout le monde s’empresse d’interpréter le moindre son, la moindre mimique comme des signes annonceurs d’une tragédie imminente. Tout le monde guette, tout le monde espère, on en vient à sauter de joie même en public au premier pêt sonore et à partager notre angoisse et notre déception à l’ouverture de la couche puante, mais propre…
Alors ouais, j’avoue, je me plains que je peux pas m’habiller autrement qu’en kaki et j’envisage de reteindre mon canapé en caca d’oie pour fondre les auréoles dans la masse, mais n’empêche que ce matin quand le Blini à explosé sa Pampers au point qu’il y a eu des projections sur tout le tour du transat, sur tout le parquet autour et jusqu’au mur d’en face, ben j’ai été super contente. Même presque c’était pas une corvée de lui changer sa couche létale, de lui désinfecter la house du transat, de serpiller tout le salon et de brûler son body qu’on sauvera plus.
Et même j’ai appelé de suite Chouchou au boulot en pleine réunion pour lui annoncer que ouf son fils était sauvé, il avait fait. Pathétique, hein ? Vous voulez savoir le pire ? c’est que le Chouchou en pleine réu à bondi sur ses pieds et crié « super » avant d’expliquer à toute l’assemblée ébahie que son petit dernier avait enfin fait caca après plus de trois jours de constipation. Ya pas, la parentalité apporte vraiment des bonheurs inattendus !

vendredi 29 août 2008

Life is a beach...

aujourd'hui la grenouille a emmené ses 2 moufflets, son micro têtard et son crapaud-chou à la plage... enfin techniquement c'est Chouchou qui les a tous emmenés vu que c'est toujours lui qui conduit pour les sorties familiales (d'ailleurs la grenouille a un avis sur la question mais ce sera pour un futur post), mais bon aucun rapport avec la courgette pour le moment.
donc on a tous déboulé à la beach et comme je suis un peu d'office assignée à la tâche de station service du têtard pendant que les autres gars s'éclatent comme des dingues à faire des châteaux de sable, ben j'ai bien eu le temps d'observer autour de moi et de me rendre compte que la plage c'est quand même un écosystème particulier et autonome, où chacun a son rôle et où c'est toujours pareil...
à la beach, ya la catégorie famille. quand La Famille déboule avec environ une trentaine de sacs, paniers, glacières et boîtes à jouets en tous genre, chacun de ses membres se met automatiquement en mode « beach ». le père de La Famille commence tout de suite à assurer un patrimoine décent à ses rejetons: il construit des trucs. avec tout son sérieux pask'on rigole pas avec l'immobilier, le père de La Famille commence par construire le camp de base de sa tribu: il organise l'implantation sur le sol des sacs, paniers, glacières et boîtes à jouets dans un ordre bien spécifique qui lui semble à lui super pratique et super efficace. si il a réussi a apporter suffisamment de boîtes, sacs et paniers qu'il a porté avec ses gros muscles depuis sa grosse voiture familiale, il construit même pour La Famille un mur qui les protégera de vent si jamais une tempête de sable saharienne venait par erreur balayer les bords du lac et aurait la maligne intention de les ensevelir sous une montagne de sable. ensuite le père de la famille se concentre pendant plusieurs longues dizaines de minutes sur le plantage du parasol. il arrache carrément la pelle des mains du petit dernier, qui hurle à la mort, mais bon attention, le plantage du parasol c'est un truc sérieux, faut que ce soit fait correctement, et si le vrillage des tympans de tous les pauvres autres gens de la beach pendant 35 minutes par Junior dépossédé de sa pelle est le prix à payer, ben le père de La Famille est pas radin, alors il le paye. et nous aussi du coup. youpi! ensuite le père de La Famille continue de faire prospérer sa petite entreprise de travaux publics familiale, et, maintenant qu'il leur a assuré un abris, il s'attaquer au paysageage du monde alentour: le père de La Famille est bien décidé à construire un échangeur d'auto route, un lac artificiel rempli avec le mini-seau, un château-fort de la taille de la principauté de Monaco avec des douves assez grandes pour y noyer ses lardons et mes moufflets avec, et un circuit de F1 grandeur nature pour que Junior puisse y rouler ses billes. et si Junior a pas envie de jouer, tant pis. et si Benjamin et Cadet veulent pas participer au gros oeuvre ben le père de La Famille le fait tout seul et contre tous et en plus il prend des photos après en obligeant Junior, Benjamin et Cadet à poser à côté sans mettre les doigts dans le nez et en souriant paske que bon « Papa s'est donné du mal pour vous construire des super jeux alors bon quand même ». du coup nous autres pauvres voisins de La Famille on se retrouve avec une urbanisation galopante qui nous exproprie presque de nos serviettes et une niveau sonore insoutenable des nains d'à côté qui s'éclatent trop dans Papa-ville ou qui beuglent que nan ils veulent pas jouer avec le château fort, et du père de La Famille qui beugle aussi que « je te préviens Kevin si tu casses le beau château de Papa exprès ça va chauffer pour tes fesses ». t tout ça alors qu'on était venus à la beach pour profiter du calme, du soleil et de notre quality time avec nos moufflets! qui du coup trouvent qu'on a un Daddy un peu nul pask'il a mieux à faire (ou à ne pas faire) que de nous urbaniser notre parcelle de sable...
pendant que le père de La Famille défigure la beach, la mère de La Famille est passé automatiquement en mode « couvage » depuis qu'ils ont mis le premier orteil on the beach. elle poursuit tous ses marmots avec un pshit de crème solaire indice 3000 king size et de préférence coloré en vert pour bien voir même de loin si elle a pas zappé un recoin de l'arrière du genou de Junior ou si Benjamin a pas désagrégé toute sa combinaison de protection solaire en allant se baigner. pour être sure d'éviter à ses mioches le cancer de la peau à 8 ans qu'ils lui ont promis au 13h de JPPernault, elle leur colle aussi des casquettes avec un appendice derrière paske « on protège le visage d'office et on oublie toujours le cou et c'est la brûlure assurée », des lunettes de soleil « de marque paske les indices solaires sur celles du supermarché sont nuuuuls », un T-shirt spécial anti-UV « paske ceux en coton on croit que ça protège mais les UV passent quand même », des bouées de bras, de jambes, un gilet de sauvetage intégré au maillot et un bracelet d'identification au poignet histoire que si ils essayent de se noyer pour lui échapper ce soit juste impossible et que si les voisins de la beach qui en peuvent plus de les entendre hurler « naaaan, pas encore de la crèèèème, tu viens juste de m'en mettre » arrivent à les noyer malgré leurs flotteurs, les garde-côte puissent identifier les corps sans effort.
à la beach la mère de La Famille vit dans la peur permanente. elle a peur que sa tribu ait trop chaud paske « reviens sous le parasol, Kevin, ça tape, là », trop froid paske « assieds-toi derrière le mur de toile, Kevin, le vent se lève, là et t'es tout mouillé », trop peur paske « sors de l'eau tout de suite, Kevin, tu vois bien que t'as pas pied », trop mal paske « joue pas là, Kevin, je crois que j'ai vu un bout de verre caché dans le sable », trop faim paske « reprends un pain au chocolat, Kevin, t'as pas fini ta Danette pour le goûter », trop soif paske « Kevin, tu dois boire un verre d'eau frâiche toutes les 20 minutes sinon tu vas te déshydrater »... après une quinzaine de minutes t'as remarqué (comme Kevin d'ailleurs) que la mère de La Famille, contrairement à ses nains, ne porte pas de flotteurs et donc tu peux abandonner ton sudoku et imaginer comment tu pourrais la noyer pour qu'elle lâche la grappe à tout le monde, histoire de passer le temps quand t'arrives à détourner ton attention du fait que toi t'as pas de glacière king size ni de paniers pleins de bouffe et que la vache tu te taperais bien un pain au chocolat et un verre d'eau fraîche, là...
faut dire que t'es un peu cerné, en plus des Familles, par Pupuce et Dédé, des vrais professionnels de la beach pour qui aller à la plage est un boulot sérieux et sans doute à plein temps depuis le début de l'été vu leur couleur de pain d'épices uniformément cramé. ils te font bien sentir ton statut d'amateur pathétique avec ton coup de soleil naissant et ta bête serviette d'aquagym reconvertie en natte de plage! eux ils ont un pliant spécial pour la tête et un autre pour les pieds, histoire d'assurer l'angle idéal par rapport au soleil pour parfaire leur bronzage (d'ailleurs commencé avant l'été en cabine UV paske même le premier jour de beau temps ils auraient trop la honte de tomber le T-shirt pour révéler un torse blanc). ils ont construit avec une mini-pelle pliable dégainée de la poche de leur natte de compet une déclivité parfaite pour que leur dos soit maintenu pendant qu'ils lisent Voici pour bronzer le ventre, et même deux petits trous pour les implants en silicone qui boostent les nénés de Pupuce quand elle se dore le dos. ils ont une pile de magazines suffisante et une petit porte-monnaie rempli d'assez de monnaie pour acheter des cacahuètes caramélisées, chichis et beignets à la pomme qui leur permettront de tenir de 9h à l'heure de l'apéro sans avoir à quitter la beach et compromettre leur brûlage de tronche.
et toi t'es là à sentir tous les cailloux sous ton dos, ton Chouchou a des marques de marcel et de short blanches fluo, et tu sais pas comment dire discrètement à tes mouflets qu'ils ont peut-être mieux à faire que fixer ostensiblement les implants mammaires de Pupuce topless of course...
ya aussi plein d'autres espèces de beacheurs mais comme t'as oublié tes jumelles, tu peux pas les étudier vraiment en détail dans leur habitat naturel pask'ils sont un peu trop loin en que t'as a vue cachée par le mur de toile anti-vent de la mère de La Famille. mais tu reconnais quand même bien même de loin les Allemands qui jouent aux raquettes de plage en 5 sets arbitrés par l'impartial tonton Gunther perché sur un rocher qui énonce les règles dans sa langue guturale sans que personne ose broncher pendant que tata Gudrgun sort des Tupperware parfaitement imbriqués les uns dans les autres qui contiennent la dose exacte de muesli bio poru que tou le monde reconstitue son capital énergétique à la fin du match. tu vois aussi une groupe de 4 ou 5 italiens qui essayent même pas de se planquer derrière leurs verres fumés king size Armani pour mater à plus en pouvoir et qui se disputent en parlant hyper fort pour décider qui va aller baratiner en premier les 4 ou 5 jeunes irlandaises qui voisinent leurs serviettes et qui pourraient briller dans le noir si c'était le nuit tellement elles sont blanches (sauf celles qui sont déjà d'une jolie couleur de crevette cuite). et au milieu de l'eau ya le groupe inévitable des ados du bled qui viennent se baigner tous les jours, qui ont leur cousin qui fait loueur de pédalo comme job d'été et qui leur fait des prix et les laisse s'entasser à 15 sur un vélo aquatique qu'ils tentent activement de couler et qui balancent leur petites copines à l'eau les unes après les autres pour le plaisir de les entendre couiner « à l'aide au secours » en faisant semblant de se noyer et qui s'en tapent bien de savoir si va y avoir des morts par leur faute paske quand Kevin aura réussi à virer ses bouées en cachette et sera en train de se noyer au milieu de l'eau personne en mouftera pask'on se dira tous que c'est encore ces jeunes indigènes turbulents qui font les zouaves bruyamment.
on est partis quand notre Kiwi a commencé à hurler mais pas aussi fort que Kevin « mon caca veut pu dormir là, faut que je fais toussssuiiiiite! », un peu déçus que Chouchou ait pas réussi à savoir même en matant sans relâche les miches de Pupuce si elles lui avaient coûté plus ou moins cher que le camping-car de Dédé, que j'ai pas assuré autant que la Muti d'outre-rhin en dégainant mon pique-nique über pas organisé et que Minky ait pas réussi à vider la mer avec son micro-seau plus vite que le père de La Famille. le têtard, par contre, que je baptise solennellement Blini à partir de maintenant, a assuré comme une bête et fait la crêpe toute molle de sommeil sans faire un bruit dans sa poussette. 4 heures sous le cagnard, pas un bruit, pas un mouvement, le bébé de compèt au point que je pense que La Famille d'à côté a dû se dire que la prochaine fois ils feraient comme nous ils apporteraient une poussette vide pour faciliter le transport de leurs 250 sacs, paniers et glacières du Kangoo jusqu'à la beach.
heureusement qu'on va à la beach qu'une fois par an, c'est bien trop crevant comme journée de détente avec toutes ces études anthropologiques à faire!

mercredi 27 août 2008

Un gars, une fille...

extérieur nuit. ou intérieur nuit, ça dépend comment on voit le truc, fin pour faire clair disons que le gars et la fille sont dans un voiture, de nuit. donc nan, quand même, extérieur nuit.

ronflements, suscion sonore et bave au coin du bec des trois mouflets à l'arrière qui écrasent comme si leur vie en dépendait alors qu'en fait c'est celle de leurs parents qui dépend de ce moment de calme trop rare surtout aujourd'hui. il faut dire que le gars et la fille rentrent de chez des amis (du gars) adorables mais assez exaspérants de grandeur: grands cheveux blonds, grands yeux bleus, grandes jambes élancées, grandes maison, grand jardin, grande carrière, et une paire de futurs grands mouflets pleins de vie, de blondeur, d'yeux bleus qui savent lire et compter à l'envers, additionner et soustraire, le tout à moins de 3 ans. en un mot, des gens absolument charmants.

la fille est assise à la place du conducteur mais elle ne conduit pas, parce qu'il se trouve que la scène se déroule en Rosbifland et il est bien admis dans le monde civilisé que les Rosbifs conduisent du mauvais côté de la route.

la fille ne sait pas si c'est pask'il est assis du mauvais côté, mais toujours est-il que ce soir, le gars parle. quasi une vraie pippelette, il fait la conversation, et pas que pour critiquer la voiture familiale de sa môman qui a un moteur pas DCI, ni que pour injurier les connards qui lui coupent la route, ni que pour onopatoper des réponses monosyllabiques à la troisième fois que la fille lui répète la même question en essayant de pas s'énerver. nan-nan, ce soir le gars fait la fille et c'est même lui qui lance le sujet de conversation: l'amie absolument charmante qu'ils viennent de quitter et qui se trouve avoir partagé avec lui un appart pendant plusieurs années (en tout bien tout honneur a-t-il toujours déclaré,mmm-ouias-bon-ok-si-tu-le-dis a toujours répondu la fille moyennement convaincue).

  • « en fait je trouve pas qu'elle soit super canon », finit par dire le gars.

  • « attends, t'es cruel, quand même elle est blonde aux yeux bleus, super mince, super intelligente et tout, nan quand même elle est bien! » répond la fille du tac au tac qu'elle est quasi obligée de se pincer tellement elle y croit pas de se transformer en gars à force d'être assise du mauvais côté.

habitude c'est toujours le gars qui prend la défense de sa grande amie, et la fille qui est quand même un peu jalouse a posteriori...

  • « ah bon donc tu la trouves pas canon, et donc pour toi un canon c'est quoi alors? » (la fille a décidé de profiter que le gars est du mauvais côté et a l'air bien lancé pour faire des confidences ambiance pyjama party pask'elle sait que l'occasion se présente environ jamais).

  • « ben par exemple tu vois, son frère, sa femme, elle elle est canon »

  • gloups. la fille commence presque à regretter de s'être embarquée dans cette conversation pask'elle sent qu'il se pourrait bien qu'elle finisse par s'énerver vachement et que si ça arrive elle aura raté sans doute la meilleure occas' de l'année d'avoir une conversation avec le gars, au calme, et qui aille au fond des choses. zeeen, se dit la fille, on respire à fond, après tout c'est elle qui l'a cherché.

  • « c'est à dire? » demande-t-elle en étant la plu calme possible limite genre elle s'en fout de la réponse (la vache, ce coup d'être du mauvais côté commence à la gagner aussi on dirait!)

  • « ben tu vois quand par exemple elle est dans un fête, non seulement elle est super grande et super belle, mais en fait tu peux voir que elle paske elle est aussi super intelligente et super drôle et super intéressante »

  • (ah ouais quand même, rien que ça, se dit la fille qui en demandai pas tant quand même) « comme moi, quoi » (elle se dit que autant tenter le coup on sait jam...

  • « ouais » répond le gars.

LA VACHE! alors là la fille est vraiment obligée de se pincer tellement fort qu'elle s'en fait un bleu. nan mais faut qu'ils viennent en Rosbifland plus souvent pour être assis du mauvais côté de la route et échanger leurs rôles paske là sans déconner, le gars il assure trop dans cette conversation de fille dangereuse pour lui à la base. la fille se voit déjà raconter mot pour mot à ses copines comment son mec est trop génial à la minute où ils seront rentrés. elle est trop fière de lui, de l'avoir tellement bien élevé qu'il est capable de dire exactement ce qu'il faut au bon moment et d'être aussi sensible et de lui faire des complim...

  • « sauf en vraiment élégante » termine le gars.

  • « WHAT??? » le sang de la fille ne fait qu'un tour.

LA VACHE, le coup de l'échange de places on dirait que ça marche aussi pour elle: elle sent bien monter l'envie de soit lui coller un bourrepif, soit de plus jamais lui adresser la parole de toute sa vie. dire qu'elle a failli être fière de lui, raconter à toutes ses copines comme il est formidable et en admiration devant elle. sauf que pas. sauf que le goujat même assis du mauvais côté ça reste rien qu'un gars qui se tait tout le temps pour l'énerver et qui peut pas s'empêcher de l'ouvrir pile au moment ou ça vaudrait mieux pour ses fesses à lui et pour sa santé mentale à elle qu'il la boucle bien bien serré. mais nan, même assis du mauvais côté, un gars ça reste un gars et une fille ça reste une fille. donc:

  • « c'est à dire que donc tu trouves que je suis pas élégante, quoi. tu trouves que je suis qu'une grosse plouc moche et grasse, quoi, c'est ça??? ben si elle est si canon que ça la femme du frère de ta copine, qu'est-ce que tu fous là on peut savoir? p'tain ça valait vraiment le coup que je mette une super robe noire canonne que je me suis cassé le cul à faire, que je me brushingue la tignasse, que je me fasse des entorses aux lobes à porter de énormes boucles d'oreilles de la mort qui tue et que je me vrille les chevilles avec mes talons de la classe tout ça pour que tu trouves même pas que je suis élégante! à partir de maintenant je peux t'assurer que je me la coule douce, ce sera jogging velours sans forme tous les jours et doigt à la fashion, tu l'auras voulu, nan mais, me dire ça à moi, nan mais je rêve, alors que je viens de passer la journée à être top sympa avec ta copine blonde et élancée, tu crois pas que tu pousses un peu? mais qu'est-ce que je t'ai fait, sans décon... »

la fille finit par s'arrêter toute seule, pask'elle est du mauvais côté et qu'elle a pas trop envie de continuer à faire la fille chiante, elle préfère faire preuve d'esprit critique et de distance masculine pour une fois et se calmer dessuite pask'elle voit bien que ça sert à rien, qu'elle peut s'en prendre qu'à elle-même et qu'elle peut pas décemment en vouloir au gars d'être un gars et de le rester même assis à sa place à elle. et pis bon « élégante » sans déc', c'est pas non plus le meilleur des compliments du monde, soyons francs, elle se dit. « élégante » ça lui rappelle un peut une version porno-chic de sa grand mère, genre à mettre des « dessous » genre combi intégrale en nylon couleur chair et jupon grisâtre sous la jupe plissée sous le genou avec un collier de perles. de toute façon elle se rappelle même pas quelle tête elle a cette fille soit-disant canon et pis clairement elle s'en fout puisque qu'il la trouve canon ou pas c'est quand même avec elle qu'il est assis du mauvais côté dans la voiture avec leurs trois mouflets qui ronflent, tossent et bavent en choeur à l'arrière, alors bon...

LA VACHE, d'être assis du mauvais côté ça fait vraiment voir la vie sous un jour nouveau, même de nuit!

mardi 29 juillet 2008

cute power

toujours pour les mêmes pauvres gens monolingues, en français dans le texte ça pourrait se traduire par « le pouvoir de la mignonitude », mais, bon, hein, pareil, quoi...

mes mouflets à moi un peu presque c'est des Pokémons super platine tellement ils en ont plein, des powers... et en ce moment celui que je remarque les plus, c'est le cute power. le cute power, que je vous espike, c'est cette capacité qu'ont les mouflets en général et les miens en particulier à être juste cro mignons, totalement adorables, désespérément à croquer, que même quand tu fais tout ce que tu peux pour pas être une maman-gaga tu peux pas luter, et que même quand tu es super remontée contre eux que tu devrais avoir envie de les cloîtrer dans leur chambre jusqu'à ce qu'ils se calment c'est à dire dans longtemps, tu peux juste pas t'empêcher de te laisser attendrir.

alors, attention, hein, paske le truc de oufs dans l'affaire, c'est que chacun de mes mouflets a sa spécialité dans la cutitude.

d'abord on a eu le Kiwi. 3 ans et demi maintenant, donc 3 ans et demi d'entraînement intensif au cute power. le Kiwi sait parler, maintenant, et ça n'arrange pas ton affaire vu que ça améliore vachement son cute power. la botte secrète du Kiwi, qui déjà a eu le bon goût de dire « Mummyyy » comme premier mot avec la juste dose de trémolo dans la voix pour que tu puisse pas le faire attendre une seule seconde, c'est le baratin genre « je suis un pauvre petit enfant malheureux et personne ne m'aime ». le Kiwi, au lieu de te demander 18 fois si il peut avoir une sucette au coca, te dit d'emblée en prenant une moue boudeuse à te fendre le coeur « je voudrais bien une sucette au coca mais je sais que j'ai pas le droit et que tu voudras pas m'en donner même si je suis très très sage tous les jours ». et il tourne les talons très très loin du tiroir à sucettes, les épaules en berne comme siil portait tout le malheur de tous les enfants maltraités du monde dessus alors qu'elles sont toute maigrelettes et toute mignonnes... et même quand tu lui dis « c'est vrai que t'as été sage aujourd'hui, allez viens là que je te file une sucette et un gros câlin », il te répond: « mais je croyais que je peux pas en avoir, j'ai pas le droit... ».

Cute power version perle, la maîtrise parfaite de la culpabilisation parentale à cet âge, ça calme.

Ensuite on a le Minky, 18 mois, cute power déjà bien rôdé qu'on croirait qu'il a déjà capté le sens de la vie. le Minky a des armes redoutables pour user de son cute power: le Minky a des chtites bouclettes toutes mignonnes, des grands yeux et des longs cils tout mignons, et des chtites quenottes ultrabright qu'ont pas poussé partout toutes mignonnes qu'il montre dans un sourire irrésistible... le Minky peut faire la pire des conneries et te regarder droit dans les yeux alors que tu viens de lui dire pour la 18e fois que si il remet encore de la compotte dans le chariot du DVD ça va chauffer sévère, que si il se sert encore de sa Cracotte humide de bave comme d'un peigne ça va plus rigoler longtemps et que la prochaine fois qu'il pique la susu de son ptit frère pour la planquer dans la litière du chat ça va barder grave. mais comme il fait tout ça en te regardant avec ses grands yeux à longs cils, en gigottant ses chtites bouclettes et en te faisant son sourire de tombeur romain dopé au Colgate, tu peux juste pas t'empêcher de sourire intérieurement qu'il est cro mignon, et que bon ok ça va pour cette fois puisque bon après tout ya pas mort d'homme, et pis bon au moins il est franc, il fait rien dans ton dos, il attend toujours que tu sois là pour faire ses bêtises.

Cute power version or. Respect.

et enfin ya Choupi, le minuscule bébé coquin. 1 mois et demi et déjà une maîtrise certaine du cute power qu c'en est inquiétant pour la suite, on va en baver ça c'est sûr. Le Choupi est juste cute de la tête aux pieds (en ce qui me concerne, d'ailleurs, surtout des pieds paske je pourrais les lui croquer environ 24h/24), une petite boule d'amûûûr sans défense et sans mauvaises arrière-pensées que c'en est tellement attendrissant que juste c'est impossible de le gronder, de lui en vouloir, de s'énerver, même quand il se réveille pour la 18e fois de la nuit que c'est juuste techniquement plus possible qu'il ait faim, qu'il fait pipi pour la 18e fois sur le beau canapé Louis XV que ça en dérouterait son néphrologue pédiatrique, ou qu'il fuite du caca jaune d'or de sa Pampers pour la 18e fois que c'est juste plus possible de lui trouver un pyj' propre vu que là ils sont tous dans le bac à linge sale... mais malgré tout ça cute power totale maîtrise, le Choupi peut te vomir dans les cheveux, tu t'en fous, il est tellement cro mignon que tu es fan envers et contre tout.

Cute power version platine. Imbattable.

ah, je vous le fais pas dire, on est pas sortis de l'auberge...

enfin si, quand même, paske ouf le tôlier (=Chouchou) de l'auberge en question a l'air d'avoir une carapace super étanche au cute power... lèvre inférieure tremblottante baratineuse d'assistante sociale, bouclettes parfaites et grands yeux rieurs, petits pieds à croquer, tout ça n'a AUCUN effet sur lui. AU-CUN. à croire que son armure spéciale anti cute power est vraiment à toute épreuve... la chance! ou plutôt non, le pauvre, passer à côté de toute cette cutitude, c'est juste trop dommage pour lui!


lundi 28 juillet 2008

sleep power

de même que pour la note précédente, j'aurais pu un peu moins me la taper et appeler ce post « le pouvoir du dodo », mais de même que dans la note précédente ça en aurait nettement moins jeté, donc je garde la sauce rosbif, thank you very muche.

le sleep power semble être un truc qui pousse sur les ptits mecs en même temps que leurs attributs masculins. je sais pas si des recherches ont été faites dans ce sens, mais si des docteurs se penchaient sur cette question cruciale ils découvriraient rapidos que le sleep power est aussi intimement lié avec la testostérone que ce foutu lierre avec notre haie toute pourrie...
la preuve en est que moi testostérone, a-pas, donc dodo power a-pas non plus. sauf exceptions exceptionnelles pendant grossesses de micro couillus où donc techniquement j'avais en moi un dose de testostérone suffisante pour arriver à dormir à peu près correctement.
mais le reste du temps, je suis une quiche totale au sleep power contest.
par contre, et comme quoi ma théorie tient grave la route, j'ai pondu 3 ptites usines à testostérone et les TROIS sont apparemment aussi des usines à somnifères intéieurs paske leur sleep power c'est juste un truc de malades, comme leur daddy d'ailleurs.
c'est bien simple, j'ai pondu trois mouflets qui non seulement font leurs nuits honteusement tôt (je devrais dire fièrement, d'ailleurs, paske ya quand même tout un paquet de gens qui nous envient de façon assez inquiétante sur ce point), mais en plus ils sont caps de dormir n'importe où n'importe quand et pendant super longtemps... d'ailleurs pas plus tard que tout de suite j'ai une petite boule d'amour qui ronfle comme un pompier polonais alors qu'il est en train de glisser dangereusement de mes genoux trop étroits pour les accomoder lui ET l'ordi portable. bien au chaud tout bloti contre la sortie d'air chaud du chti ventilo de l'ordi, il roupille comme un bien-heureux. la tête en bas, le dos vrillé, les pieds dans le vide que ça a l'air d'être incomfortable au possible, il écrase à poings fermés, le lascar. alors que moi qui suis naze de chez au-secours-si-je-fais-pas-très-vite-une-sieste-je-meurre, ben je suis là à vous tapoter des posts au lieu de me sauver la vie et de ronquer un peu.
alors halte immédiate à tous les gens qui vont hurler que ouais mais nan mais c'est normal tous les gamins sont comme ça: je vous rétorque cash que la théorie marche aussi sur les usines à testostérones matures, paske que je suis l'heureuse moitié d'un chouchou version dormeur +++. je pense sincèrement qu'il doit s'entraîner en cachette au bureau, paske arriver à s'endormir comme ça sur commande personnelle c'est juste pas possible autrement. ce rosbif est capable de s'endormir quand je lui parle (bon, ok, ça tous les mecs le font quand on leur raconte notre journée passionnante de changements de couches et tétées à répétition sur l'oreiller), mais il est aussi capable de s'edormir en parlant lui-même, ce qui tient quand même du tour de force. je lui pose une question, il est encore conscient puisqu'il la comprend et commence à y répondre, et il a pas fini sa phrase qu'il ronfle déjà!
ah, c'que je donnerai pas pour être une queen of the sleep power comme mes quatre mectons! imagine, les gens, tu te fais suer en réu, alors pouf, tu t'endors histoire de récupérer de ta nuit blanche passée à préparer la réu! tu trouves que la bouffe est bof et les voisins de table barbants au mariage de ton cousin, alors pouf tu sommeilles une demi-heure pour faire passer le temps jusqu'au dessert... tu te rappelles vraiment plus où t'as rangé les justifs de la CAF pour remplir la feuille d'impôts, alors pouf tu roupilles en attendant que ta moitié ait fini de tout faire! ya rien d'autre que la redif de la quotidienne de Secret Story à regarder, alors pouf tu t'endors pour patienter jusqu'au début des Experts Miami. Chouchou, lui, il sait faire tout ça. et les mouflets aussi. moi par contre, j'ai jamais réussi...
ça se greffe, une glande à testostérone, ou pas?

mercredi 23 juillet 2008

Cry power

(pour les gens qui seraient pas aussi fluent que myself en shaekespare, on pourrait traduire ça par « le pouvoir des larmes », mais admettez que ça en jetterait nettement moins...)


Le cry power est un truc essentiel à maîtriser dans la vie... et je m'en rends d'autant plus compte que je suis pas à la base une cry warior de nature.

Quand je vois mon mouflet number 2 qui à moins de 18 mois avait déjà un cry power super musclé, je me dis que j'ai pas à m'en faire pour lui, il s'en sortira toujours dans la vie. Ben ouais paske les études, le piston, la chance et tout ça c'est bien joli, mais un gamin et plus tard un adulte doué pour le cry power, ça c'est du lourd, du balaise, du fingers in the nose.

Minky par exemple, est capable de pleurer sur commande, dès qu'il en a besoin, avec vraies larmes, sanglots déchirants et écrasement face contre terre les bras en croix. Quand il veut, où il veut, et surtout quand ça m'arrange pas et que je veux à tout pris qu'il se tienne à carreaux. Du coup, avouons-le clairement, Minky obtient assez facilement ce qu'on ne voulait pas lui donner non-non-non-sous-aucun-prétexte-moi-vivante-jamais... et comme en plus Minky arrive à faire son petit cinéma pendant des longueurs de temps qui devraient être inaccessibles à sa petite conscience de presque encore bébé, c'en est d'autant plus remarquable.

Moi je dis, un gamin qui est capable de maintenir la pression nerveuse, l'intensité vocale, le flux lacrimal pendant une bonne demi-heure à son âge, c'est même carrément remarquable et rien que pour ça il mérite qu'on ne s'inquiète pas pour son avenir. Voilà un mouflet qui trouvera toujours dans sa chtite tête dure comme du bois exotique la volonté de faire tout ce qu'il faut pour obtenir tout ce qu'il veut. Et souvent je me dis que je ferais bien d'en prendre un peu de la graine, histoire de me faciliter la laïfe de temps en temps...

Ma mère, déjà, m'avait prévenu dans mon jeune temps. Même si elle niera tout en bloc genre « tu divague ma pauvre fille, jamais je n'ai dit une chose pareille », je me souviens quand même très clairement qu'elle m'a raconté comment elle amadouait les flics qui la chopaient au radar ou au saut de feu rouge dans son jeune temps: un bonne baffe au hasard à l'arrière du véhicule et elle se retrouvait la fière détentrice de trois mouflettes pleurant à chaudes larmes et hurlant à la mort si bien que le poulet avait pitié de cette pauvre femme et de ses pauvres oreilles et la laissait repartir sans prendre le temps de dresse son PV. Du grand art.

J'ai moi-même tenté d'utiliser la ruse dans ma jeunesse de conduite sport (du temps où je conduisais pas une bétaillère à mouflets avec grande précaution et conscience exacerbée de transporter plusieurs fruits de mes entrailles et prunelles de mes yeux fragiles à l'arrière). Mais faut croire que le cry power n'est pas héréditaire ou alors saute une génération, parce que j'avais pas fait grande impression à l'époque sur les braves gendarmes qui m'avaient arrêtée pour excès de vitesse... j'avais tenté la crise de larme, ça leur a déclenché une crise de rire, mais j'ai eu mon PV quand même!

Par contre, je crois bien devoir constater que le cry power peut s'améliorer avec l'âge, vu que je m'en suis pas si mal sortie lors de mes vacances médicales: pour me faire sécher mes larmes, ils m'ont bien renvoyée plus tôt voir mes bé-é-bé-ééééés et ils n'ont pas osé me garder quand j'y suis retournée une semaine après la sortie pour des douleurs abdo. Ah, je progresse, ya pas... ça doit être à force d'admirer la haute voltige du Minky. Quel talent, quand même! Heureusement que j'arrive à développer avec non moins de talent une impression de la Mummy sourdingue et insensible au soleil couchant, parce que sinon ce nain me marcherait déjà sur la tête en pleurant de rire!

Non mais, j'vous jure!

mercredi 9 juillet 2008

same player shoots again

ha ha ha.
nan, avouez, c'aurait été dommage de s'arrêter en si bon chemin... et surtout, c'aurait pas été déonthologiquement acceptable que je ne termine pas proprement mon étude comparative des moyens de transport de malades... donc, today, j'ai testé pour vous l'ambulance privée avec option retour à la case départ double face. Je vous espike?
bon déjà depuis hier j'ai mal au bide. Jusque là rien de bien fou vous me direz. sauf que chat échaudé etc, et que je peux/veux pas non plus tenter le diable trop trop des fois que à force il se prenne de love pour moi et que je finisse par décéder pour de bon. donc OK, hier mal au ventre.
cette nuit, sueurs froides et de plus en plus mal au ventre.
ce matin, réveil en douleur et impossible de marcher dépliée en deux...
mmmhhh. "you phone the doctor NOW" a dit belle-maman sur un ton de nurse rosbif pas commode en voyant ma tronche pas fraîche. j'ai bien été obligée de dire "OK, boss" paske bon ça fait une semaine qu'elle joue à la maman avec mes trois mouflets et qu'elle fait le ménage à fond dans la ruine qu'a jamais vu ça, alors bon j'ai pas trop envie de la contrarier non plus.
sauf que là au téléphone ma généraliste panique, appelle l'infirmière libérale qui passe plus tôt que prévu et panique aussi paske ya du vert et du sanglant qui coule là où ça devrait pas, et en moins de temps qu'il n'en faut pour sauter le p'tit dej' je me retrouve l'heureuse propriétaire d'un "bon de transport" et ya une ambulance devant ma porte.
je vous laisse imaginer l'excitation supersonique des mouflets en délire à grand renforts de "Mummy, pourquoi y te met dans le coffre le monsieur?". moi par contre vachement moins emballée de m'en retourner au grand hosto, même si paraît que le presque canon chirurgien m'y attends...
et encore moins emballée quand à mon arrivée on me colle dans un lit, on m'arrache mes fringues pour me refourguer une chemise avec vue plongeante sur mon Q et on me foire 4 fois de suite la pose de la perf. donc je hurle à l'assassin, au get happens, que moi j'étais venue voir en consult EXTERNE mon docteur presque canon (dont j'ai d'ailleurs toujours pas vu un cil) juste pour qu'il me tâte les bourrelets et qu'il me dise de rentrer chez moi et de lui lâcher la grappe.
mais non non non, on insiste que je suis hospitalisée pour 24 à 48 heures et on me laisse à mon triste sort les bras en sang, le bide on fire et les yeux en larmes.
heureusement je pleurais encore quand le preske canon a eu fini son plateau à la cantoche et a raboulé ses yeux bleus dans ma piaule pour me tâter les viscères. heureusement il a eu peur que je continue de les faire suer avec mes "j'veux rentrer à la maison voir mes bébé-é-é-és" et il m'a dit: "le bilan a pas l'air mauvais, si vous promettez de revenir au cas où ça empire, je vous laisse partir". il a ajouté "je crois que tout le monde a paniqué un peu vite, mais je comprends bien, vu que chat échaudé etc...".
me suis retenue de lui rouler une pelle et ai appelé mon ambulance privée qui se trouvait encore dans les locaux et m'a raccompagnée délicatement at home sweet home.
donc, en l'espace de 5 heures, juste histoire de tuer l'ennui, je me suis fait mon double retour à double case départ hosto et maison. perso, comme case, je préfère la maison...

bonus track : et pour ce qui est de l'ambulance privée, ben je sais pas si c'est pask'ils sont mieux payés/équipés ou quoi, mais niveau délicatesse pour le moment ils ont la palme... mais bon à la fois je mourais pas vraiment, là, ils avaient un bon handicap...

samedi 5 juillet 2008

Préambule... (que j'vous espike l'affaire)

Y m’arrive un truc de dingue. Enfin, il m’est arrivé un truc de fou : bon, déjà j’ai eu la joie, la fierté et l’honneur de mettre au monde un BB3 début juin ce qui m’avait valu 5 jours a la maternité histoire de me remettre de mes émotions et surtout de la douleur de la ponte sans filet et sans péridurale, ouille, quand même, ça déchire.
Mais a part ce nouveau petit croûton et les deux autres avant lui, rien de suffisamment grave ne m’étais arrive pour que je me retrouve a l’hosto. « Dans la famille, on est pas malade » c’est un peu notre devise et le fait est, on est pas souvent malades.
Sauf que là on dirait que d’un coup j’avais super envie de découvrir de l’intérieur le milieu hospitalier paske d’un coup d’un seul deux semaines jour pour jour après le déboulement de miette3, mon corps a décidé que c’était le moment de faire le club med de la bactérie à l’intérieur de moi, de m’en faire baver un poil et de bien faire flipper Chouchou et toute ma tribu...
Voici le récit totalement non objectif de cette grande aventure.
Attention, vous ne trouverez ici aucune vérité scientifique ni aucun fait qui ne soit déformé par mon approche forcément personnelle et émotive des choses (ben ouais, zut, quoi, c’est à moi qu’on a fait des trous dedans).
Enfin tout ça pour dire que si c’est pas votre tasse de thé je m’en excuse, mais bon, à la fois vous êtes complètement pas obligés de lire, après tout ! Allez, bon courage, et dites-vous que ça vous fera toujours moins de mal que ça m’en a fait a moi...

« Stooooone, the world is stoooone »

« J’ai l’appendice qui éclate,
J’voudrais seul’ment dormiiiiir,
M’étendre sur l’asphalte
Et me laisser mouriiiiiiiiir »
Ca a commence exactement comme Starmania, en fait ! bon alors je vois déjà les sourcils froncés et les haussements d’épaules de certains gens incrédules, mais n’empêche que je me souviens très très clairement d’avoir senti mon appendice éclater, a un moment donne. Ben si. Malgré tous les beaux discours des gars des urgences 24h plus tôt et leurs théories a deux balles que ça passerait avec du Doliprane, ya quand même eu un moment, juste avant que je perde connaissance, ou j’ai eu comme une lucidité cosmique qui m’a fait comprendre que la c’était grave, qu’on rigolait plus, que ça allait pas être juste une petite incision par célioscopie... Rigolez pas et me traitez pas de Paco Rabanne d’occas’, je vous jure que c’est vrai. Autant juste avant ou pendant ou juste après l’opération quand « vous nous avez fait très peur » comme a dit le chirurgien, j’ai été limite déçue de pas avoir eu droit au plan tunnel et lumière aveuglante au bout ni vu mes ancêtres qui me tendaient la main, autant là, avant que Chouchou appelle la cavalerie, j’ai « su ».
Surtout a cause de la douleur. Paske bon la veille quand on était allés aux urgences par nos propres moyens, j’avais déjà vraiment mal au bide. Et 15 jours poil pile après un accouchement sans péridurale, on relativise vachement bien ce que c’est que d’avoir mal au bide et on réveille pas 3 mouflets et un Chouchou pas du matin aux aurores sans petit dej' pour aller aux urgences si on une vague gastro.
Alors ouais, c’est ptet de ma faute si je supporte trop bien la douleur et que je leur ai dit 6 sur leur échelle de 1 a 10 et que du coup ils m’ont pas prise au sérieux la première fois genre « Encore une chochotte qui simule genre elle veut un mot pour sécher la gym... ».
Sauf que 24 heures plus tard, en vrai, j’étais à 18 sur leur échelle à la con et que même une aisselle de pompier qui doit planquer des rats morts dans ses poils de dessous de bras suffisait à peine à me garder consciente...Alors je veux bien que l’évaluation de la douleur soit une donnée subjective comme on doit leur apprendre en fuck de médecine, mais bon à la fois ce serait peut-être utile si les mecs ils te croyaient quand tu leur dis que la nan vraiment c’est plus possible achevez-moi. Merci.

La grande vadrouille

Faut se rendre a l’évidence, je crois que mes vacances sont un peu tombées dans la poubelle avec les déchets médicaux à risque infectieux... par contre, depuis les deux semaines que dure cette expérience de vie inédite pour moi, j’en ai vu, du pays !
En premier j’ai visité les urgences d’un petit centre hospitalier de ma cambrousse par l’entrée piétons. « Ce qui frappe au premier abord quand on franchit les frontières de cette terre encore vierge », comme dirait Nicolas Hulot entre deux expirations sonores, c’est que, justement, c’est vierge. Désertique. Ambiance Gobi en moins accueillant, quasi. Ya bien un comptoir mais ya personne derrière. Ya bien une porte vitrée avec un panneau pourri « URG N ES » au-dessus et un long couloir derrière, mais là non plus personne.
Alors comme quand même j’ai beau pas avoir été annoncée par un gyrophare ou une sirène je suis quand même un petit peu à l’agonie, je commence à me demander si je m’allonge plutôt sur le lino gerbique ou carrément sur le comptoir pour être sûre que les gars me trouvent quand ils auront fini leur pause café ou qu’on sera dans les heures de bureaux réglementaires (quelle idée aussi d’agoniser avant 8h30 un samedi !). Je finis par opter pour une position intermédiaire à savoir couchée du buste sur le comptoir et les pieds toujours par terre pour tenter de limiter le contact de ma tronche avec le lino gerbique.
C’est là qu’entre deux évanouissements je finis par voir un tout petit écriteau qui dit « en cas d’absence, sonnez ici ». Et effectivement dessous ya un bitoniau micronesique blanc sur fond blanc. Faites-moi penser à ajouter au livre d’or et au cahier à idées avant de partir qu’un buzzer king size et rouge serait quand même plus approprié, merci.
Donc j’appuie poliment une fois sur la sonnette. Rien. No bruit, no mouvement. Je finis par tenter en morse autodidacte de biper comme une forcenée histoire qu’ils comprennent que j’étais pas là pour leur vendre un aspirateur et que ce serait sympa qu’ils raboulent leurs fesses par ici avec un brancard rapido paske j’ai de plus en plus de mal à maintenir mon nez à distance respectable du lino gerbique.
Une pouffe en blanc finit par se pointer avec un air indigne en me balançant « Vous avez un problème ? »... Mini ola en l’honneur de moi et de ce grand moment de maîtrise karmique pour pas lui faire bouffer sa blouse ni rétorquer « Non, patate, tout va bien, je croyais juste que c’était la journée portes ouvertes et j’ai toujours rêve de visiter les urgences »...
J’ai donc fini par visiter une des salles des urgences. Rien de bien spectaculaire. Assez flippant même rapport a la déco... déjà paske les murs couverts de papier peint saumon floqué en relief je suis pas 100% sure que ça puisse se désinfecter suffisamment pour garantir une hygiène décente aux pauvres gens qu’ils sont censés pouvoir découper en tranches à coeur ouvert dans cette salle... et pis surtout paniquant paske une grande partie du papier peint en question est décoré de tout un tas d’affiches sur comment faire un massage cardiaque et un bouche-à-bouche, comment réagir en cas d’hémorragie massive, comment détecter un choc anaphylactique... du coup tu peux pas t’empêcher de te demander si t’as vraiment envie de presque crever entre les mains de docteurs qui ont besoin d’avoir leurs anti-sèches placardées partout pour savoir ce qu’ils doivent te faire... et d’ailleurs comme ma maladie a moi était visiblement marquée sur aucun des posters, ils m’ont gentiment renvoyée chez moi avec du Doliprane.
Pendant mes vacances médicales, j’ai aussi testé pour vous plein de moyens de transports. Parait que des fois quand on voyage, faut savoir apprécier le trajet autant que la destination... ben là pour le coup, c’est clair que j’ai bien profité, DES voyages.
Mon premier contact avec le transport d’urgence ça a été les pompiers du village. Alors certes ils doivent faire agriculteur la semaine, avoir des vaches super moins douillettes que moi et une dextérité digne du concours cantonal au parcours d’obstacles en tracteur, mais pour ce qui est de transporter mon pauvre petit moi agonisant alors là pardon mais ya du boulot. Quand ils se pointeront cette année pour fourguer leur calendrier, je ne donnerai ma pièce que sur preuve écrite que mon obole ira à la formation au transport de malade.
Paske déjà après avoir carrément marche sur mon lit avec leurs bottes pleines de bouse, ils ont failli me faire définitivement décéder de rire quand, après avoir constaté que j’étais qu’à demi consciente, incapable de parler ou de bouger un orteil, leur boss a quand même eu le courage de me dire « euh, l’escalier est pas large (il a failli ajouter « et vous oui » mais a dû craindre pour sa vie), vous êtes sûre que vous pouvez pas descendre à pied ? ». De la haute voltige niveau comique, quand même.
Ils ont d’ailleurs continué sur le même registre un moment, puisque une fois que le petit stagiaire a rapporté le brancard, ils en ont remis une couche en me demandant si je pourrais pas faire un effort et me déplacer dessus paske là vraiment ils savaient pas par où me prendre pour me soulever... et le clou du spectacle (cette partie de l’histoire m’a été racontée plus tard par Chouchou paske là moi j’étais complètement dans les vapes, entre morte de rire et morte tout court): une fois qu’ils m’avaient violemment fait rouler sur le brancard et qu’ils m’avaient bien sanglée, au moment de le gonfler pour le rigidifier, le stagiaire a juste explosé la pompe ! Après un florilège de jurons locaux avé’ l’accent, ils ont tenté de gonfler le truc avec la pompe à pied anti-crevaison du camion, puis avec la poire à ventilation d’oxygène, sans grand succès... Ils m’ont donc descendue dans un espèce de sac en plastoc pas gonflé donc ni rigide ni amortissant et j’ai bien senti les marches de mon escalier étroit quand ils m’ont cogné successivement les pieds, le dos puis la tête sur absolument chacune d’entre elles, ainsi que sur le mur, la rampe et l’encadrement de la porte... C’est à ce moment-là que j’ai repris connaissance (ce que je devais regretter par la suite) comme quoi des fois assommer quelqu’un ça peut aussi le réveiller.
Une fois délicatement balancé mon corps meurtri dans l’ambulance, ça a continué à être drôle. Une fois que chaque pompier, plus l’infirmière et le doc des urgences qui étaient arrivés entre-temps m’ont eu posé ma question préférée « z’avez mal ou ? », ils ont entrepris de me « conditionner pour le transport », à savoir me ficeler bien serré sur le brancard, en oubliant pas de bien bien retendre la sangle qui m’entaillait déjà le ventre. Et aussi me brancher au scope qui contrôlait ma tension, ma respiration et tout le tralala qui pèse ses 20kg bien tassés et qu’ils ont trouvé super pratique d’entreposer sur mon bide « euh, pardon, mais on a plus d’autre endroit ou le mettre » c’est excusé le stagiaire quand j’ai hurlé dans le dialecte local « putain con enculé » histoire d’être bien sûre qu’il comprenne que fallait ptet pas trop pousser Mémé quand même...
Malheureusement tout ça n’a pas suffi à me faire définitivement reperdre connaissance et j’ai pu bien profiter des 20 bornes de route de campagne et dos d’ânes de centre-villages pris à 180km/h par le chauffeur qui visiblement a des posters de Sébastien Loeb partout dans son salon. J’envisage d’ailleurs d’acheter un second calendrier l’an prochain pour financer l’achat d’amortisseurs pour le camion...
Une fois re-arrivée aux urgences, par l’entrée ambulance cette fois, ils ont entrepris de me brancarder toujours aussi délicatement jusqu’à une chambre. Alors, je pose la question aux autorités compétentes : quand on fait un appel d’offre avant de faire construire un hôpital, est-ce qu’on choisit un architecte qui a déjà eu une maladie quelconque et qui donc a déjà foutu les pieds une fois dans sa vie dans un hosto ? Pas la peine de vous défendre, mademoiselle C., la réponse est NON. Paske c’est juste pas possible qu’un gars qui a déjà été brancardé puisse ne serait-ce qu’avoir l’idée de construire un hosto avec autant de dénivelés, de micromarches, de sursauts et surtout de foutre au sol du lino gerbique coupé dans le mauvais sens qu’ils sont obligés de te coller un raccord barre de fer tous les deux mètres histoire de bien te secouer pour te rappeler où t’avais mal des fois que t’aurais subitement un trou de mémoire. Je suis sûre que quelque part si ils cherchent bien il doit y avoir un gars capable de pondre un bâtiment où les couloirs sont des surfaces planes, un ingénieur capable de concevoir des roulettes de brancard qui se bloquent pas intempestivement, et je suis quasiment sure que brancardier c’est un métier mais ils doivent s’entraîner qu’avec des mannequins factices ou des cadavres qui peuvent pas se plaindre...
Il y a eu par la suite un paquet de steeple-chase du genre dans les couloirs des divers hôpitaux et services visités, en brancard, en fauteuil, en lit... (Apparemment il y a des différences invisibles mais primordiales entre un lit des urgences, un lit de gynéco, un lit de chir. viscérale et ainsi de suite, ce qui rajoute donc à tout ce fun la joie immense de devoir être propulsée de l’un à l’autre entre deux parcours de saut d’obstacles)
Après avoir donc visité et testé les lits et couloirs des services des urgences, de maternité, de gynécologie et de soins intensifs de mon petit hôpital de proximité, tous les docteurs présents (c’est à dire qui n’avaient pas de repas de famille ou tournoi de golf ce jour-là – un dimanche – ou de champ à moissonner d’urgence) ont décide d’un commun accord qu’ils ne pouvaient rien pour moi, que visiblement j’agonisait sans aucune raison, et qu’il vaudrait mieux pour tout le monde qu’on me transfère au grand hôpital de la grande ville pour me faire un scanner histoire qu’ils puissent rentrer chez eux avant que Mémé ait fini tout le reste de coq au vin.
Donc re-ambulance. Dans un éclair de lucidité j’ai supplié en me mettant virtuellement à genoux qu’on me shoote avant le transport paske la vraiment la perspective de me retrouver encore bringuebalée comme un sac à patates par un pilote de F1 refoulé me paraissait quasiment pire que ce qui m’attendait si on ne trouvait pas rapidement pourquoi je mourrais. Bien sûr dans sa grande bonté l’anesthésiste de garde a refusé de m’assommer de morphine... mais je dois avouer ici que malgré la loyauté que je devrais aux pompiers par respect pour la carrière paternelle, franchement, le gars du Samu, c’était juste rien a voir. Déjà lui il avait dû y aller, aux cours de brancardage, pask’il a trouvé un moyen pour me mettre sur le brancard ET me rouler dans le couloir sans que j’aie à le supplier de m’achever. Et en plus il m’a dit avant de démarrer « vous inquiétez pas, on va y aller tout doux » et avant même que j’ai eu le temps de lui dire que désolée je croyais plus au père noël depuis environ 25 ans, il l’a FAIT. La route était tout aussi pourave que celle qu’on avait pris avec Shummy le pompier, sauf qu’il s’avéré qu'en faisant un poil gaffe c’était possible que j’aie envie de survivre jusqu’à l’arrivée a l’hosto. Je suis donc obligée de renier après 30 ans de bons et loyaux éloges tous les pin-pons rouge et de reconnaître qu’on était dures quand on se moquait des ambulances blanches et bleues en disant qu’elles faisaient « crève-en-route » comme musique.
La vérité étant rétablie sur ce point, poursuivons le périple ulysséen...
Arrivée au grand hôpital de la grande ville, j’ai failli arrêter d’aimer le Samu-man quand il a commence à tailler le bout de gras avec son collègue qui l’attendait pour la relève sur le thème « ah meeerde, c’est le nouveau B-23-E dans celle-là, tu sais comment on le sort, le brancard ? » et que donc ils se sont mis à le secouer, le cliquer, le décliquer, l’incliner dans tous les sens alors que j’étais toujours vissée dessus à jeun de morphine... Après au bas mot 15 minutes de manips acrobatiques et douloureuses, de roues bloquées, d’effondrements imprévus paske les pieds se bloquaient pas, ils on fini par réussir à me mener aux urgences.
Rassurée, déjà, j’ai constaté que les murs de la salle étaient stérilisables au karsher, qu’il n’y avait pas de pense-bête sur « comment ne pas laisser crever son patient sans rien faire » au mur, et que dans les 5 minutes j’avais un médecin urgentiste, un radiologue, un gynéco et un chirurgien tous appuyés sur mon bide pour donner leur avis.
J’ai ensuite visite la scanner room, ambiance navette spatiale très rassurante de technologie de pointe. Encore 3 ou 4 docs différents sont venus m’enfoncer leurs mains dans l’abdomen agonisant et ils ont tous fini par une réunion informelle avec au programme visionnage commenté de l’intérieur de moi sur les images du scanner. Apparemment ils ont trouvé tout ça juste subliiime, le chirurgien avait l’air tellement emballé quand il m’a dit « je vais devoir vous ouvrir, et ça va pas être un petit trou » que presque j’ai pas paniqué. Il a dit qu’il avait rien vu d’aussi massif comme pourriture intérieure généralisée depuis un moment et ça avait l’air de le mettre en joie de se taper enfin une opération un poil intéressante avec une once de défi professionnel que limite je me suis réjouie pour lui.
A ce stade tfassons, j’étais d’accord pour qu’on me coupe ce qu’on voulait inclus la tête tellement ça faisait quand même 48h que j’en chiais ma race de douleur et que personne voulait me donner de morphine à haute dose ni admettre que j’étais pas qu’une hypocondriaque constipée super douillette.
De là après m’avoir un peu abandonnée à mon sort pendant quand même 1h sur mon brancard des urgences (le chir. devait être en train appeler ses potes de promo pour frimer qu’il allait se faire une teuf de folie au bloc) on m’a roulée en salle d’op’ pour m’endormir et là tout s’est passé très vite : en trente secondes j’étais à poil, charlottée, ballonnée et crucifiée sur la table (oui, j’avais jamais vu ça dans Urgences mais ici on opère les bras en croix) et l’anesthésiste se penchait sur moi pour me dire « Je vous préviens, comme ça à l’air moche et qu’on sait pas combien de temps ça va durer ni à combien ils vont s’y mettre, moi je vous endors pour 24h comme ça on est parés ».
15 secondes après je me réveillais en réa avec un pieu dans la gorge qui essayait de m’étouffer alors qu’ils osent appeler ça un respirateur ! J’étais shootée comme un âne à la morphine, j’avais plus mal nulle part, j’étais love de tout le monde et comme j’avais des tuyaux de partout et interdiction de bouger, je pouvais même pas regarder l’ampleur des dégâts cicatriciels. Le bonheur !
Donc finalement je persiste et signe : dans le voyage médical, le mieux c’est vraiment pas le trajet, c’est la destination !

80 cm sans escale

Il y a 80 cm entre mon lit et la “table de nuit”. Bon, a visto de naz, hein, paske même si je suis pas débordée et que les journées sont longues, j’ai pas non plus assez de morphine pour faire face au mal de crâne que causerait l’exhumation de lointains cosinus et pythagorismes qui pourraient me permettre de rectifier la distance au plus juste en fonction de l’angle du lit rapport à la fenêtre, de l’inclinaison du dossier qui fait illusion d’optique et de l’âge du capitaine, genre.
Pis bon, on peut dire que mes proportions nasales conséquentes donnent un certain degrés de d’exactitude à toute évaluation effectuée au pifomètre... ben ouais, si on vous demandait, à vous, de jouer votre vie sur un “pif guess”, vous appelleriez qui comme ami: Meg-Ryan-micro-naso-en-trompette ou Cyrano-c’est-une-peninsule? C’est bien ce qui me semblait aussi...
Tout ça pour dire que bref, ya 80 cm entre mon plume et la table. Et donc, admettons que je veuille genre faire une folie totale et absolue comme par exemple goûter la bouteille d’eau qui bulle au lieu de la javel en carafe que j’ai a portée de main, je devrais donc franchir ces 80 bornes, euh, centimètres. Donc pour l’eau pétillante qui met de la joie dans ton palet tu peux te brosser Martine. Ah mais ouais mais paske attendez, la Pacifique à la rame, la Sibérie en trottinette ou l’orbite lunaire en ULM à côté, c’est fingers in the noze!
Si si on parle bien de 80 cm, c’est pas en pieds, en pouces, en acres ou en anciens francs, Mémé, non, 80 cm comme la taille d’un mouflet d’un an, comme 4 feuilles A4 en portrait, comme à peine plus qu’un pied de table (allez-y, mesurez, un pied de table ça fait grosso merdo 70-75 en standard... alors? J’vous en bouche un coin, hein?). Donc ouais, 80 bornes, euh, centimètres, pour moi, là, c’est juste micheun immpossibeule... dommage, hein.
J’ai pourtant bien envisagé quelques tentatives des contorsions possibles pour franchir le Channel par les airs, mais ça me semble risqué si je veux pas m’arracher quelques points/drains/muscles et/ou finir face contre le lino que déjà à altitude raisonnable il donne envie de gerber...
Et donc comme le ventilo (à peu près l’équivalent dans ma situation actuelle et par cette météo du saint graal option pokémon platine méga warrior pour les mécréants (oh, tout de suite les grands mots!)) donc comme le ventilo se trouve justement sur the tabeule in qwestieune, ben je peux juste pas le toucher. J’ai bien tenté aussi la manoeuvre périlleuse de l’atteindre en me servant du pied à perf comme d’une canne a pêche, mais moisi la tronche de l’infirmière de garde quand elle m’a surprise... pis tfassons, le pied à perf, c’est trop nul en motricité fine.
Totale et résultat des courses me v'là réduite à sonner cette pauvre infirmière de garde à chaque fois que j’ai trop chaud, trop froid, trop de courants d’air... alors que la pauvre blouse blanche doit avoir des trucs grave plus importantes à faire genre des vies à sauver ou des pelles à rouler à George Clooney dans le couloirs, ou des mémés a torcher rapidos. Nan mais moi j’ai essayé de trouver des solutions, avouez, j’y ai mis du mien pour tenter d’alléger sa charge de travail, de laisser priorité aux vraies urgences, de faciliter la laïfe de l’administrateur de garde qui doit là de suite se creuser les méninges pour trouver comment faire tourner son hosto cette nuit alors que les trois quarts de ses infs sont malades, en lune de miel ou on juste eu envie d’oublier de se lever pour venir se faire insulter par des mémés gâteuses, tripoter par des pépés séniles... ou emmerder par la top model de la 259 qui a la sueur qui perle (ça c’est forcement moi vu que je tripote pas et que j’insulte pas non plus, j’ai pas été élevée cher les charretiers, putain de bordel de merde).
Donc voilà, là, j’ai chaud, faudrait mettre le ventilo sur 2 (non, pas 3, ça fait trop de bruit ça m’empêche de dormir), voir le dévier d’un poil on the left pour éviter le courant d’air sur mon épaule qui souffre (non, plus à droite, non un peu plus à gauche, non, avant c’était mieux...). Et donc je vais être contrainte forcée de bip-biper la sonnette, là, dessuite, sous vos yeux ébahis. Si. Ben si. Ben si. Si je vous dis!
Voilà c’est fait... chiche que je chronomètre combien de temps elle met pour venir (surtout qu’elle est à cheval sur 3 services ce soir, ça va être chaud)? Chiche que je compte combien de fois elle soupire pendant que je lui fais régler le ventilo au micromètre? Attention, tout ça sans aucune méchanceté pour elle mais à des fins scientifiques uniquement... oui, je mets tout ça dans des tableaux Excel et après je fais des PowerPoint de stats avec des camemberts en couleurs pour soutenir la cause des infirmières syndiquées qui réclament une revalorisation de leur travail et des embauches d’aides soignantes supplémentaires... Ah ben ouais, les journées sont looooongues, ici!

Dans le petit bassin

Attention, notre bloug vous informe que le sujet abordé et les propos développés dans ce post pourraient choquer une partie de notre lectorat, surtout les plus de 4 ans ayant fini leur phase pipi-caca. Nous demandons donc aux lecteurs pudiques et mal à l’aise a l’évocation de déjections humaines de bien vouloir détourner le regard de l’écran maintenant.
Vous pourrez pas dire que vous avez pas été prévenus !


Ce qui est génial quand on a été éventrée dans toute la longueur, c’est qu’on peut oublier définitivement ses abdos. Alors bon, c’est pas que j’ai jamais eu des tablettes de chocolat abdominales (enfin DANS le ventre, oui, DESSUS, jamais) ni même que j’aie été un jour l’heureuse détentrice d’une quelconque tonicité musculaire à ce niveau là (ni a aucun autre d’ailleurs) mais bon quand même je devais bien avoir quelques muscles discrètement planqués sous mes poignées d’amour vu que je me souviens très clairement avoir été capable de passer de la position couchée à la position assise sans l’aide d’un treuil industriel.
Sauf que la après un bébé ya 2 semaines pour l’élongation desdits muscles plus un chirurgien excité du scalpel pour le tronçonnage et le montage d’une jolie fermeture éclair de 50cm, ben même le peu qu’y avait, ya pu.
Comme en plus ya quand même la douleur qui déchire sa race, des doses conséquentes de drogues diverses et variées et un ramollissement plus que certain du mollet après des jours d’horizontalité, quand bien même ils auraient sous la main une grue apte à me mettre sur mes pattes, l’épopée d’un déplacement jusqu’aux toilettes n’est tout simplement pas une option.
Et comme ma sonde urinaire a été extraite ce matin paske le doc avait peur que ce soit sa faute si j’ai 40 de fièvre, comme il est maintenant le soir et qu’on m’injecte des litres et des litres par voie intraveineuse, va falloir viteuf trouver une solution paske là ma vessie est sur le point de provoquer un tsunami qui va décimer tout l’étage.
(Ah, j’avais prévenu que le sujet était cradologique et ça va continuer... l’est toujours pas trop tard pour vous en aller !)
Donc comment on fait dans ces cas là quand on est clouée au lit avec une envie pressante et aucun moyen de se lever ? Ben on bip quelqu’un au secours pour qu’il trouve une solution. Sauf que l’infirmière, sa solution miracle à elle, c’est de dégainer son arme secrète : le bassin. Alors pour les gens qui seraient vierges de toute expérience hospitalière, un bassin c’est comme un croisement entre un pot de chambre et une poêle a frire, on se le fait glisser sous le derrière, on fait sa petite affaire dedans et le tour est joué. Super pratique, surtout qu’y a une poignée pour une mise en place facile un petit retour de plastique pour éviter que tout se renverse à l’extraction. Nan, bien pensé, le truc, j’admets, je m’incline, même. Je me demande d’ailleurs qui a inventé ce truc et si il a eu le courage d’assumer au point de faire graver sur sa tombe « Ernest Trucmuche, fier inventeur du bassin à pipi d’hôpital »... fin bref.
Super pratique, donc, en théorie seulement paske en pratique ya juste un truc auquel Ernest Trucmuche avait pas du tout pensé : l'être humain adulte n'est pas du tout conçu pour faire pipi couché. En tous cas pas maintenant et pas pour moi. J’ai beau en avoir besoin de chez ça uuuurge, impossible de m’exécuter.
J’ai tout essaye : visualiser la mer, les vagues, le delta du Rhône et l’embouchure la Garonne. Mettre en péril les ressources aquifères sur plusieurs générations en laissant couler l’eau au lavabo. Tenter de me reconnecter à mes instincts primaires et aux premiers jours de ma vie (en temps que mère de 3 mouflets je ne peux que me rendre a l’évidence scientifiquement vécue à maintes reprises : il est physiologiquement possible a un être humain miniature de faire pipi a n’importe quel moment et dans n’importe quelle position... j’ai des vêtements, des parquets et même des papiers peints qui peuvent témoigner pour appuyer ma thèse).Mais nan, rien n’y a fait. Sorry Ernest, ton petit bassin c’est pas pour moi. Pour moi c’est WC gros bol en porcelaine ou on s’assied dessus, point barre. Ou en l’occurrence sondage évacuateur (en français vernaculaire ça veut dire que l’infirmière te fait faire pipi contre ton gré mit un petit tuyau bien placé)... ya des stagiaires en soins infirmiers qui vont être super contents de m’avoir comme cobaye !

J’ai pas de veine

Qui dit encore ça comme expression? A part ma grand-tante de 93 ans, j’entends? Ben moi, apparemment. Mais, bon, sans vouloir me la péter khâgneuse-ex-presque-normalienne, disons que la valeur sémantique de l’expression diffère quelque peu vers une tournure nettement moins figurée et dans mon cas carrément 100% littérale. Je traduis pour les malheureux qui auraient fait maths sup. au lieu de lettres sup., ou pire, qui n’auraient pas fait de prépa du tout (nan, en vrai, ça existe ça? Si oui faudra que quelqu’un prenne un jour trente secondes pour expliquer ça à ma mère paske à l’époque de mes tendres 18 printemps j’ai tout gobe quand on m’a dit que juste c’était pas possible de pas faire de prépa, en fait).
Donc, disais-je, en français vernaculaire dans le texte, quand ma grand tante de 93 piges dit “j’ai pas de veine”, elle veut dire qu’elle a grave les boules que ses collants à varices soient plus en promo à 2 paires pour le prix d’une chez le pharmacien. Ceci, gens illettresuppés, est un sens figuré. Rien à voir donc avec sa circulation sanguine (encore que les khâgneux apprécieront la métaphore filée rapport aux collants à varices, private joke ;-))). Par contre, quand moi perso je titre ce post “j’ai pas de veine”, je parle au sens littéral, du concret, quoi, et je veux dire que des veines (les tuyaux dans ton corps avec le sang dedans) j’en ai pas.
Enfin, PLUS, paske j’en avais, AVANT. A la naissance, forcément, in utero aussi, pendant toute ma jeunesse et ma petite enfance... pendant 30 ans je me suis baladée comme ça, avec des veines de partout, sans y penser, sans y faire attention, inconsciente de la chance que j’avais. Pauvre de moi! Folie de la jeunesse, tendre insouciance de “l’avant”...
Maintenant, “après”, après les IV et les perfs, les prélèvements et les prises de sang, les hémocultures et les gazométries, les dextros et autres saignées en tous genres, A’PU. Nada. Niente. Que dalle. Désert total. J’ai pas de veine. Doit bien y en avoir une ou deux planquées quequ’ part mais on les a pas trouvées...
Tu penses, elles ont du voir ce qui est arrivé à leur copines et elles on fait leurs valoches viteuf pour se planquer derriere un amas graisseux, une couche adipeuse, un organe quelconque ou, pour les plus chanceuses ou les plus pistonnees, carrement derriere un os. Nan paske faut voir ce qu’on leur a fait subir aussi, aux copines. Au bout d’un moment tu peux pas non plus leur en vouloir de tenter de sauver leur peau! Forcément quand tu vois toute ta famille décime par les veinites inflammatoires, les scléroses de surmenage et autres explosions pures et simples, tu fais tout ce que tu peux pour pas te faire choper.
Et c’est a partir de ce moment la qu’on attaque le combat de catch entre l’infirmier surmotivé/surentraîné/surarmé et la veine dopée a l’instinct de survie. Et en vrai si tout ça se passait pas à grands coups d’aiguilles dans mes bras ou de cathéter dans mes mains, j’vous jure que je trouverais ça super marrant.
Le but du gars en blouse blanche (ou de la fille, mais le gars étant souvent plus machistement persévérant c’est plus mieux pour le spectacle), c’est donc de catcher the veine (euh, ouais, je fais de mon mieux pour que vous crouliez pas sous le complexe d’infériorité mais bon à la fois j’y peux rien si j’arrive à vous caser dans une seule phrase une figure de style littéraire et une preuve indubitable de bilinguisme flagrant).
Le but de la veine, elle, c’est de pas se faire pécho paske si l’aiguille la choppe elle sait qu’elle peut de suite liquider sa convention obsèques.
Et donc le gars en blouse blanche pique (oui, d’abord il commence par être zen et sûr de lui et balance de façon civilisée “inspirez bien fort et détendez-vous, je piiiique” que quasi tu te dis “même pas mal”). Ensuite la veine fait un bon de côté pour sauver ses miches ou s’enterre sous la peau comme tourteau in the sand, et là, sursaut de testostérone du couillu en blouse blanche qui en a vu d’autre et qui va pas se laisser faire comme ça: il y va franco, il pique plus loin, plus fort, plus dur, et vas-y que j’te gigote l’aiguille, que j’te la vrille dans le bras en faisant carrément des moulinets avec pour pas s’avouer vaincu et embrocher l’adversaire redoutable. Du coup il en oublie de pas te faire mal, et même des fois si la veine récalcitre trop (quoi c’est pas un verbe? Z’avez fait hypokhâgne ou quoi?) il devient franchement vulgaire, le mec. Aucun respect pour l’instinct de survie de mes chtites veines a moi qui me restent et que j’aimerais bien qu’on y lâche la grappe...
Ma préférée c’est celle à l’intérieur de mon avant-bras. Elle est juste subliiiiime paske elle est énooorme, on la voit bien, on la palpe bien, on la voit qui pulse sous le garrot, et elle nargue le mec en blouse qui peut pas s’empêcher de dire “oh qu’elle est belle celle-là! Celle-là on va l’avoir vous verrez ça va être trop facile!”. Et moi je me bidonne intérieurement à en pleurer (enfin, j’en pleure aussi un poil de douleur quand il s’acharne à me forer un puits a pétrole genre Dallas dans la bras). Paske ma super veine subliiiime de l’intérieur de mon avant-bras PERSONNE a jamais pu la choper. PERSONNE. Et pourtant yen a un paquet qui on tenté le coup et qui en ont bouffé leur blouse blanche!

Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour ma pomme

Dimanche 29 juin 2008, 6h14 (ben ouais du matin sinon j’aurais mis 18h14, patate)... telle que vous ne me voyez pas (et je vous jure c’est tant mieux) je viens carrément de M A R C H E R de mon lit a la salle de bain. Oui oui, aller ET retour. Tout à pied, sans escale, sans qu’on me porte et sans m’imprimer le lino gerbi que sur la tronche à aucun moment. Et même que même dans la salle de bains je me suis lavé les mains en les frottant les deux en même temps sous l’eau. Ce qui veut dire, puisque si yen a qui suivent un minimum ils auront capté que nan ben nan je peux pas prendre appui avec mon bidon sur le lavabo, ce qui vaut dire disais-je donc que pendant au moins 15 secondes le temps de me savonner-rincer les mimines, j’étais debout comme qui dirait au milieu du désert, fièrement plantée sur mes jambes même presque pas flageolantes, sans rien ni personne pour me tenir, comme ça, comme si c’était tout naturel et que j’avais fait ça toute ma vie! Et après comme je suis pas du genre à faire ma crâneuse ou quoi que ce soit je suis tout tranquillement retournée dans mon lit, sans moufter, no comment à la presse, no comment à l’infirmière qui me sert de garde du corps quand je tente des expéditions héroïques comme ça, ma fidèle potence à perf derrière moi tel Milou suivant Tintin et son fidèle sherpa après avoir fait sa fête au grand méchant yeti. Fastoche. Quand tu veux je te le refais. Sans trucage, sans effets spéciaux. Le monde m’appartient.
Bon, euh, là je vais faire une chtibe sieste d’une paire d’heures histoire de récupérer et après promis juré j’y retourne.

Thé ou café?

Enfin non, mon ex-conscience professionnelle journalistique me force à rectifier dessuite : la question exacte était « comme boisson de confort, vous prendrez quoi ? ». Semblerait qu’en jargon hospitalier on appelle une tasse avec une truc chaud dedans une boisson de confort.
M’en fous, tfassons, ils pourraient bien appeler ça comme ils veulent ça ne change rien à la question : une personne en blouse blanche (mes yeux embués d’émotion ne distinguent même plus la couleur du passepoil permettant une identification plus poussée de la catégorie aide-soignante, infirmière, cantinière ou autre), une dame en blanc donc, tel un ange venu tout droit du paradis, vient de me proposer a MOI une boisson chaude.
Apres 10 interminables jours sans avoir le droit de manger ni boire quoi que ce soit à part les paroles pas toujours réconfortantes du chirurgien/orthopédiste/anesthésiste/pneumologue et un cocktail élaboré et moyennement gustatif de diverses infusions par voie IV et autres perfs, on m’offre une boisson chaude, et en plus j’ai le choix ! Remarquez, au point ou j’en suis, un verre d’eau de vaisselle vaguement tiède déjà ce serait la teuf à la maison, mais là « thé ou café » je danse la danse de l’extase a l’intérieur de moi.
Cette année, donc, Noël tombe un lundi 30 juin à 7h13... alors, bon, s’agit de pas se louper, hein, parce qu’après pareille traversée du désert de la soif et de la faim, je voudrais pas gâcher tout ce bonheur intense en me gourant de commande. Thé, of course. Nan mais attends les gens, on sait jamais, sous le coup de l’émotion submergeante ma langue aurait pu fourcher et balancer « un café, merci ». Encore qu’un bon café au lait... Non non, je dois faire honneur à mon nom et en tant que sujet par alliance de sa Majesté Babeth 2, la seule alternative décente était un bon vieil english breakfast tea. Sauf que la chose dans le sachet c’est encore pire que du Lipton Yellow, mais on s’en tape, c’est chaud, c’est du thé et c’est pour MOI !
Je résiste à l’envie furieuse de réclamer un nuage de lait (milles excuses pour l’affront à la couronne, honni soit qui mal y pense et tout le toutim) paske ici ce qu’ils appellent du lait c’est une poudre qui doit servir aussi à décaper les bassins à pipi et comme placebo à la place de l’Efferalgan, et qui fait des grumeaux immondes dans le thé. Donc mini ola en l’honneur de moi, même dans un moment aussi grandiose je suis arrivée à contrôler mes ardeurs.
Me voilà donc avec un chti plateau rose layette coordonné au papier peint rose saumon et au lino gerbique couleur pêche (Her Majesty trouverait se camaïeu tout a fait lovely d’ailleurs, si ce n’est que les rideaux fleuris font cruellement défaut), et sur mon chti plateau trône une tasse de « thé » fumante ET merveille suprême DEUX SUCRES.
Ouh la la re-dilemme : j’y jette les deux sucres in the cup of tea ou pas ? Mon coeur balance paske d’un côté rien dans le coco depuis 10 jours, je suis sûre que ya une paire d’organes, cellules et autres fluides qui sauraient bien quoi en faire de ce sugar, à la fois rien dans le coco depuis 10 jours est-ce que je risque pas un truc super violent genre choc anaphylactique ou une hyperglycémie fatale à me jeter direct 2 sucres dans le gosier ? Mmmh, difficile de trancher... bon, je me remémore rapidos tous les épisodes d’Urgences et de Grey’s Anatomy que j’ai pu voir et j’ai pas de souvenir de décès violent suite à un thé trop sucré. Check. Je jette un oeil à mes guirlandes de perfs et je vois qu’il y en a un paquet qui me goutte-à-gouttent du glucose qui s’appelle G5, je me dis que donc mathématiquement 2 sucres ça doit être genre 2G et que donc ça limite les risques de mort subite. Check. Et pis surtout je me dis que caca chien moi le thé je l’aime super sucré. Check. Et enfin peste soit et feuille de cerise, ça fait 10 jours que j’ai rien avalé donc doigt, c’est pas deux sucres qui vont me compromettre mon été en bikini (j’ai déjà une balafre de 50 cm en plein milieu du bide qui est là rien que pour ça). Last check. Donc GO pour les deux sucres.
On touille, on laisse infuser. On re-touille, on essore le sachet. On re-re-touille, on laisse tiédir un peu. On re-re-re-touille, on sort la cuiller, on la lèche... miaaaaaammmm ! ! !
Comme quoi le bonheur s’écrit avec un T, des fois !